Consommer responsable avec l'analyse du cycle de vie

Il est facile d'oublier que l'écologie ne s'arrête pas à l'emballage du produit. Transport, coûts sociaux et transformation du produit (pesticides, sous-produits) sont autant d'éléments qui peuvent nous permettre d'y voir plus clair et de faire des choix de consommation en accord avec nos valeurs.

Consommer responsable avec l'analyse du cycle de vie

Cela commence à faire un bon bout de temps que la conscience écologique étend à petits pas son emprise sur nos habitudes de consommation. Mais cette emprise est déséquilibrée : quand nous achetons un produit, nous pensons uniquement à son "après", c'est-à-dire ce qu'il va devenir au moment de le jeter.

L'analyse du cycle de vie vient rétablir l'équilibre en nous rappelant qu'il y a aussi eu un avant. Au-delà de l'emballage, il faut également prendre entre autres considérations l'origine du produit, ses éventuelles transformations, mais également les impacts éthiques de sa fabrication.

L'origine du produit

Pour fabriquer le produit, il a fallu à un moment ou un autre qu'intervienne la main de l'homme. La qualité de l'environnement de travail de ces humains est un bon critère pour fonder nos choix éthiques. Le pays d'origine protège-t-il ses travailleurs ? Les lois françaises ne protègent pas à l'extérieur de nos frontières, et bien que l'on puisse contester l'efficacité de la protection sociale en France, elle reste avantageuse sur le plan international.

Ainsi, consommer local quand on habite en France, c'est faire d'une pierre deux coups en favorisant d'une part les circuits courts, et d'autre part en s'assurant que les conditions de travail des ouvriers furent, sinon exemplaire, acceptables.

De nombreux labels peuvent nous guider dans nos choix de consommation. Commerces Ethiquable ou Agriculture biologique sont assez connus, mais bien d'autres existent, tel que "TCO certified" pour les ordinateurs. Souvent bien mis en avant, il ne nous reste plus qu'à vérifier sur internet que le label est reconnu avant de changer nos habitudes !

La transformation du produit

Le dernier garage à voitures que vous avez acheté pour votre neveu n'a évidemment pas été trouvé tel quel au pied d'un arbre. Il a sans doute nécessité divers éléments en plastique, et les voitures ont étés fondues en métal. Il a fallu ensuite réunir toutes les composantes pour pouvoir les assembler. Tout cela a demandé de l'énergie en plus de la récolte des matières premières : électricité, pétrole, eau… Plus l'on plonge dans le détail, plus la liste des sous-ressources utilisées devient impressionnante.

Dans le doute, si vous ne voulez pas pousser l'analyse de cycle de vie à l'extrême mais rester un maximum en accord avec vos convictions, un bon indicateur est de "minimaliser" sa consommation : plus le produit est sobre, plus son cycle de vie est, généralement, court.

Au moment de le jeter : les déchets

Enfin, l'emballage du produit et/ou toutes les parties qui ne seront pas consommées au moment de s'en séparer doivent être prises en compte dans l'analyse du cycle de vie. Si ce sont des aliments, ils sont en majorité compostables. Certains vêtements le sont aussi, à condition de les découper en fines lanières, et suivant la matière en laquelle ils sont réalisés.

Quand les produits ne sont pas biodégradables, il faut plutôt regarder du côté du recyclage, à savoir si le produit a été fabriqué à partir de matières recyclées d'une part, mais également s'il peut à nouveau être recyclé. Certains produits sont spécifiquement conceptualisés pour être faciles à recycler, tandis que d'autres non. N'oublions pas malgré tout que le recyclage a lui aussi un coût en énergie et en eau, et que plus la durée de vie d'un produit est longue, moins il entraîne ces coûts.

Enfin, le nombre d'emballages d'un produit peut également être un indicateur de son impact environnemental. Les sachets réutilisables ou l'achat en vrac sont de ce point de vue les indétrônables champions du développement durable. Ils permettent d'atteindre plus facilement le fameux objectif zéro déchet.

Loin de vouloir nous culpabiliser, l'analyse du cycle de vie nous permet donc surtout d'y voir plus clair dans notre consommation quotidienne.

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