Linky, le compteur qui crée la polémique

Publié le , par Anaïs Sybellas
Linky, le compteur qui crée la polémique

Depuis deux ans, Linky divise les Français. Ce compteur électrique intelligent a en principe tout pour plaire : il mesure la consommation réelle en électricité de votre habitation, transmet les données sans qu’un technicien ait à se déplacer, détecte une panne ou une surconsommation, et vous permet de consulter votre consommation et de l’ajuster plus facilement pour vous inscrire dans une démarche éco-responsable.

Pourtant, même si Linky s’est imposé dans 7,3 millions de foyers répartis dans plus de 4000 communes, il s’est fait un bon nombre d’ennemis depuis son lancement. Plusieurs problèmes sont pointés du doigt. L’installation du compteur, tout d’abord, laisse souvent à désirer. En effet, si Linky appartient à Enedis, une filiale d’EDF, ce sont des prestataires d’une soixantaine de compagnie qui effectuent la pose. Mauvaise formation, ou manque de temps, font que des dysfonctionnements d’appareils électriques sont apparus dans de nombreux foyers nouvellement équipés du compteur électrique.

Autre inconvénient : les données sont difficiles d’accès pour l’utilisateur. Impossible dans ce cas de vérifier la consommation d’énergie et de la modifier. Ce qui n’empêche pas les données d’être bien enregistrées par Enedis. Si la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) garantit l’anonymat des données collectées, les usagers s’inquiètent toutefois du côté intrusif du compteur, qui permet de connaître les habitudes de chacun. Il n’est d’ailleurs pas possible de refuser la collecte de ces données.

Enfin, la question des ondes émises par Linky se pose. Toutefois, une étude de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) conclut que le compteur n’est pas plus dangereux pour la santé qu’une box internet.

Si depuis août 2010, la mise en place de nouveaux compteurs est obligatoire, le décret concerné n’impose pas le compteur Linky, et à ce jour, plus de 300 communes refusent son installation.