Ne pas vouloir d'enfant : un choix assumé

Décider de ne pas avoir d'enfant est un choix profondément intime et personnel, qui peut pourtant être remis en question par l'entourage. Dénigrement, culpabilité et incompréhension peuvent alors s'installer, au point de rendre les explications pénibles.

Ne pas vouloir d'enfant : un choix assumé

Qui n'a jamais entendu (ou dit) : "s'il (ou elle) ne veut pas d'enfant, c'est par égoïsme / irresponsabilité / immaturité (rayez la mention inutile)" ? Et pourtant, décider de ne pas vouloir d'enfant est un choix bien plus profond qu'on pourrait le supposer.

Bien évidemment, il ne s'agit pas des personnes qui ne peuvent pas avoir d'enfants, mais bien de celles qui font le choix de ne pas en avoir.

Ne pas se sentir parent

Si vous interrogez quelqu'un qui a des enfants, en lui demandant pourquoi il a choisi d'en avoir, il vous répondra généralement : "Parce que j'en voulais", "Parce que j'en ai toujours eu envie", "Parce que c'était une évidence". Ce qui ressort, c'est ce ressenti absolu : vouloir des enfants paraît absolument normal.

De la même manière, il peut être tout à fait normal et évident de ne pas en vouloir : manque d'instinct maternel ou paternel, pas de déclic hormonal, aucune envie de s'occuper d'une famille… Toutes ces sensations sont légitimes. Pourtant, elles sont rarement acceptées. Qui sont ceux qui, ayant fait le choix de ne pas avoir d'enfant, n'ont jamais entendu : "Mais tu verras, tu dis ça maintenant mais tu changeras d'avis. Tu as encore le temps. Tu n'as pas rencontré la bonne personne…" ?

Et pourtant, remet-on en question le choix d'une personne d'avoir des enfants ? Imaginez une seconde la situation inverse : "Mais pourquoi veux-tu des enfants ? Tu vas voir, plus tard, tu vas le regretter…" Absurde, n'est-ce pas ?

Car si vouloir un enfant est quelque chose de naturel et profond, il en va de même pour le souhait contraire. La grande question est donc : faut-il aller contre ce que l'on ressent au plus profond de soi pour faire plaisir aux autres ?

Vivre sa vie autrement

Contrairement à ce que la société voudrait nous faire croire, il existe de nombreuses façons de vivre sa vie pleinement et d'être heureux sans avoir d'enfant. Dans ce cas, la question de l'égoïsme est alors souvent soulevée. Or est-il plus égoïste de vouloir perpétuer sa lignée en ayant des enfants ou de poursuivre une autre quête du bonheur ? Voilà un débat stérile. L'important est de se sentir bien dans ce que l'on fait et avec qui l'on est.

Nous avons tous des passions et des envies, que ce soit pour fonder une famille, créer une entreprise, découvrir le monde, mener une action humanitaire, s'ouvrir à une voie spirituelle ou devenir le meilleur dans tel ou tel domaine. Pourquoi porter un jugement de valeur sur nos aspirations les plus profondes ?

Arrêter la culpabilisation

Car c'est justement un jugement de valeur que ressentent celles et ceux qui ne veulent pas d'enfant. Avoir une descendance ferait donc de quelqu'un une meilleure personne ? Posons la question aux enfants maltraités... Vouloir être parent ou pas est une décision très personnelle, qui nous vient du cœur. Ce n'est pas quelque chose dont il faut avoir honte. C'est au contraire un choix qui doit être assumé et respecté.

Culpabiliser ceux qui font le choix de ne pas avoir d'enfant n'a pas de sens. C'est un choix intime, qui ne doit pas être remis en question. Un choix qui peut évoluer et changer, mais toujours dans l'optique d'une décision personnelle.

Ne pas vouloir d'enfant n'est donc pas une tare, c'est un choix de vie, différent du plus grand nombre. Peut-être difficile à comprendre pour ceux qui ont une famille, tout comme d'autres s'étonnent du choix de devenir parent. Une décision à respecter, de part et d'autre, avec tolérance et bienveillance.

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