Infobésité : et si vous décrochiez de l'actu ?

Notre cerveau fait des choix car il est impossible de tout retenir, et si auparavant, nous pouvions sélectionner les informations que nous souhaitions traiter, il est de bon droit de se demander si c'est encore possible à l'heure où les informations circulent en permanence, quasiment en direct. On parle de surcharge informationnelle, ou d'infobésité, pour désigner un mal qui touche de plus en plus de monde et qui cause des dégâts parfois insoupçonnés.

Infobésité : et si vous décrochiez de l'actu ?

Télévision, smartphone, PC, radio, les sources d'informations sont omniprésentes dans notre quotidien et entraînent ce qu'on nomme l'infobésité, qui correspond à une surcharge d'information. Or l'actualité ne vous fait pas forcément du bien et il est nécessaire de faire une pause pour ne pas saturer.

En effet, les conséquences de cette surabondance d'infos sont néfastes. Mais peut-on encore faire un break, à l'heure de l'hyperconnexion ?

Infobésité, le mal du 21e siècle ?

Au cours des 30 dernières années, l'humanité a produit plus d'informations qu'au cours de toute son histoire, avec une croissance de cette production effrénée qui n'est pas près de s'arrêter. De fait, de plus en plus de personnes – particuliers comme professionnels – souffrent de ce qu'on nomme surcharge informationnelle ou infobésité, qui est la contraction des termes Information et Obésité.

Chaque jour, les divers écrans qui nous entourent diffusent des images, des articles, ou des vidéos relatant ce qu'il s'est passé dans le monde. On a accès à tout, tout le temps, ce qui pourrait être vu comme une chance inouïe de s'informer.

Hélas, le trop-plein d'informations n'est pas forcément positif, car à trop avoir de choix, on s'y perd. C'est le même principe que lorsque vous vous trouvez devant le rayon dentifrice d'un hypermarché et que vous ne savez pas quel tube choisir. Pire, l'infobésité ne signifie pas être mieux informé, puisque Internet, en premier lieu, et les médias en général, relaient parfois des informations erronées, qu'on désigne désormais par fake news ou désinformation.

Les conséquences de la surcharge informationnelle

On parle de surcharge d'information quand un individu reçoit plus d'informations qu'il ne peut en traiter et que cela entraîne des conséquences psychologiques parfois graves. Les personnes souffrantes d'infobésité ne réagissent pas toutes de la même manière mais on retrouve certains maux, qui permettent d'établir une liste de conséquences de ce problème.

Les troubles de l'attention et de la concentration sont fréquents chez les personnes qui font face à une surcharge d'information, tout comme des angoisses et un stress accru. Cela peut nuire à la productivité au travail mais également à la vie quotidienne, avec des désordres qui ont un impact sur la qualité de nos relations sociales.

Peut-être encore plus grave, l'infobésité engendre parfois une cyberaddiction, due à une envie d'en savoir toujours plus, qui font que certains se perdent dans les méandres d'internet, que l'une des spécialistes de l'infobésité française, Caroline Sauvajol-Rialland, appelle des "labyrinthes documentaires".

Il y a une distinction à faire entre ceux qui s'informent correctement mais de manière trop intense, comme happés par les informations continues qui leur sont offertes, et ceux qui se laissent emporter par le flot d'informations de mauvaises qualités et qui vont perdre leur temps, faisant défiler parfois durant de très longs moments des informations auxquelles ils n'auraient certainement prêté aucune attention si elles ne s'offraient pas à eux sur leur écran de téléphone ou sur une page internet liée à leur première recherche.

Dans le second cas, les individus en viennent à faire preuve d'un manque d'esprit critique, qui ne fait que s'accentuer au fur et à mesure qu'ils se laissent emporter dans ce flux d'actualité. Et sans esprit critique, sommes-nous encore libres ?

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Faire face à un trop-plein d'informations

Pour lutter contre l'infobésité, il pourrait suffire de se déconnecter, sauf que ce n'est évidemment pas si simple, comme en témoigne la recrudescence de nomophobes, incapables de se séparer de leurs téléphones.

Certains individus misent sur des détox digitales pour couper avec la surcharge informationnelle, quand d'autres préfèrent utiliser une coque anti-dépendance pour les téléphones. De quoi faire des pauses, mais sans résoudre le problème du fait des nombreux autres canaux informatifs qui nous entourent.

Les spécialistes préconisent plutôt une solution réaliste, qui consiste à faire le tri dans les informations et à mettre des barrières à l'omniprésence des sollicitations : n'ouvrir votre boîte mail que lorsque c'est nécessaire, désactiver toutes les notifications sur votre téléphone, et éviter les médias qui se plaisent à ne diffuser que les titres les plus sordides ou les actualités les plus négatives, oubliant qu'il se passe également de jolies choses dans le monde.

Ne gardez que les sources les plus pertinentes et consacrez un temps limité à l'actualité, pour ne pas oublier de vivre !

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