Psycho : les réunions à distance présentent des risques

La visioconférence, qui a connu un boom au cours de l'année 2020, fait partie du quotidien de nombreux travailleurs qui se retrouvent face à l'écran pour leur réunion quotidienne, ou de particuliers qui utilisent Zoom, Meets ou Teams pour communiquer avec leurs proches de manière conviviale. Si la praticité d'un tel système n'est plus à démontrer, des chercheurs se sont intéressés aux dangers psychologiques induits par cette nouvelle forme de communication et ils ont isolé quatre problèmes majeurs.

Psycho : les réunions à distance présentent des risques

D'exceptionnel, l'usage de la visioconférence dans le cadre du travail ou d'une réunion entre proches est devenu presque banal, et les plateformes comme Teams, Zoom ou encore Meets ont vu leur nombre d'utilisateurs exploser en 2020.

Mais après quelques mois d'utilisation intensive, certains utilisateurs évoquent des troubles et une réticence à participer à ces réunions virtuelles, ce qui a intéressé une équipe de chercheurs en psychologie. Baptisé Zoom Fatigue, ce mal d'un genre nouveau entraînerait plusieurs conséquences sur la psyché d'un individu.

Des regards constants sur-stimulant le cerveau

Avec l'avènement du télétravail, nombreux sont ceux qui ont dû adopter de nouvelles méthodes pour mener à bien leur job. L'une des grandes nouveautés, c'est la visioconférence, qui bien que préparée avec soin, peut être particulièrement fatigante à long terme. L'un des premiers facteurs de trouble identifié par l'équipe de chercheurs en psychologie de l'université Stanford, c'est le trop-plein de contacts visuels.

Le fait que tout le monde regarde tout le monde en permanence n'est pas naturel, car en temps normal, il y a des phases actives et des phases passives durant lesquelles un individu s'échappe mentalement durant un court instant. Il peut griffonner sur son cahier, regarder par la fenêtre, fermer les yeux durant quelques secondes pour les reposer, chose qui devient bien plus compliquée quand les regards des participants sont constants.

Cela peut accroître le stress, car le cerveau sur-stimulé interprète cette promiscuité comme il le ferait dans la vie courante, où il est rare d'avoir autant de paires d'yeux ou de visages si rapprochés, si ce n'est lors de rapports intimes ou de conflits. Parmi les recommandations des chercheurs, il y a celle d'éviter les visioconférences à deux, pour ne pas embrouiller notre cerveau qui ne comprendra pas pourquoi votre visage est si proche de celui d'un autre individu.

L'effet miroir continu, néfaste à l'estime de soi

On passe rarement de longues heures à se contempler dans un miroir et ceux qui le font ont tendance, selon certaines études, à être très critiques vis-à-vis d'eux-mêmes. Pourtant, avec cette petite fenêtre qui reflète vos faits et gestes sur les plateformes de visioconférences, vous vous voyez en permanence.

Cet effet miroir continu serait néfaste pour l'estime de soi et plusieurs solutions peuvent être appliquées : concentrer le regard ailleurs, sur la vignette d'un de vos interlocuteurs par exemple, ou simplement choisir de ne pas afficher sa propre vignette pour ne plus avoir ce retour visuel permanent.

visioconference

Une sédentarité forcée qui limite la réflexion

Depuis l'Antiquité, de nombreux philosophes esquissaient que le fait de marcher aidait à mieux réfléchir, ce qui valut même à l'École d'Aristote d'être appelée "École des promeneurs". Plus tard, Nietzsche écrira même que "les seules pensées valables viennent en marchant". Le souci avec la visioconférence, c'est qu'on est constamment assis, afin de ne pas s'éloigner du champ visuel restreint de la caméra.

Dès lors, les pensées créatives ne seraient pas favorisées et il serait plus judicieux de pouvoir se déplacer, comme le font certains lorsqu'ils sont au téléphone et qu'ils font les 100 pas dans la pièce. Les chercheurs expliquent que l'utilisation d'une caméra grand-angle serait une piste à étudier, pour permettre de se dégourdir les jambes sans quitter l'écran, tout en activant le processus de création de pensées.

Le manque de communication non-verbale

Le quatrième axe de mal-être mis en avant par les chercheurs de l'université californienne concerne la charge cognitive bien plus forte en visioconférence que lors d'une réunion classique.

Lors d'une discussion normale, on écoute, on observe et on analyse machinalement les gestes, qui constituent ce qu'on appelle la communication non-verbale. Cela nous sert à interpréter les intentions d'un interlocuteur, qui utilisera ses mouvements de manière consciente ou non pour faire passer un message.

À travers ces appels vidéo, réalisés chacun chez soi, l'interprétation des gestes est totalement faussée et le cerveau s'épuise à tenter de comprendre des mouvements qui n'ont pas la même signification. Un regard fuyant en vrai pourrait montrer un signe de désintérêt ou de désaccord durant une réunion habituelle, mais il ne pourrait s'agir ici que d'une réaction au mouvement d'un chat ou à l'intrusion d'un enfant.

On rappelle qu'un esprit épuisé peut conduire au burn-out, et qu'il est donc important de prendre les mesures adéquates pour réagir, avant de craquer. Pour cela, vous pourriez simplement opter pour les appels en audio uniquement, qui permettent de faire une mini pause mentale, salvatrice à long terme.

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