Handicap : un robot pour travailler depuis chez soi

Handicap : un robot pour travailler depuis chez soi

On sait que la robotique est l’une des spécialités du Japon et que de nombreux projets sont en cours actuellement, comme les taxi-robots, des robots-traducteurs ou encore des réceptionnistes robotisés, en vue des Jeux olympiques de 2020.

En décembre 2018 à Tokyo, des serveurs-robots ont même été testés dans un café éphémère. Toutefois, à la différence des robots autonomes gérés par des intelligences artificielles, ces êtres technologiques étaient pilotés à distance par des humains lourdement handicapés, rémunérés pour l’expérience.

Pendant deux semaines, des clients de ce bar éphémère situé à Akasaka ont donc pu être servis par les robots Orihime-D. Ce modèle, développé par la société Ory Lab. Inc mesure 1m20 de hauteur et il est capable de transporter des charges allant jusqu’à 20 kilos. Ses yeux filment la pièce dans laquelle il se déplace et peut ainsi retransmettre ce qu’il s’y passe, sur un écran distant. Il est également capable d’interagir vocalement avec les clients en digitalisant les mots prononcés par la personne qui le guide.

La véritable prouesse de cette technologie réside dans le fait que tous les pilotes sont des adultes lourdement handicapés ou paralysés. Parmi les 10 employés sélectionnés pour participer à ce projet, citons par exemple Hiroki souffrant de la maladie de Charcot qui l’empêche de se mouvoir. Pour lui, c’est une occasion unique d’interagir socialement avec d’autres individus. Le robot lui permet de s’exprimer via une tablette qu’il contrôle avec un clavier adapté et cela lui donne la chance de pouvoir travailler.

Derrière cette initiative, on entrevoit deux possibilités. La première, qui est également la plus réjouissante, c’est celle de permettre à des personnes handicapées de renouer plus facilement avec le monde extérieur en interagissant depuis leur domicile avec d’autres individus. Grâce à ce type de robots, elles pourraient retrouver une place dans la société et ainsi vivre presque comme tout le monde.

La seconde possibilité est toutefois bien plus pragmatique et c’est celle qui semble motiver Kentaro Yoshifuji, le directeur de Ory Lab. Inc, à proposer ce type de technologie novatrice. Pour lui, c’est une manière de créer un monde dans lequel les gens qui ne peuvent plus bouger pourraient continuer à travailler.

Toutefois, si l’aspect humaniste de ce projet venait à primer, cela offrirait des perspectives intéressantes aux personnes souffrant de paralysie.

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