L'encens a trouvé
au Japon une "expression miroir", d'une rare intensité. Dans
sa première forme post-bouddhiste, c'est-à-dire celle de l'utilisation
du bois d'Agar et de boulettes d'encens mélangeant de la pâte
de miel, du bois et des aromates, l'encens a tout de suite trouvé
une expression originale. Il faut lire, pour sentir la culture
du raffinement, des lettres, de l'esthétisme qui régnait à la
cour impériale à l'époque Heian (Xème siècle), Le dit de Genji,
dont la narratrice est une courtisane... (Je conseille la traduction
de René Sieffert.) A cette époque, les courtisanes se parfumaient
les cheveux avec de la fumée d'encens. Pour parfumer ses habits,
on portait dans ses poches des morceaux d'encens ou alors on
plaçait ses vêtements au-dessus de chaufferettes pour les "encenser".
L'encens permettait aussi de véhiculer des caractéristiques.
C'est comme cela qu'un grand courtisan pouvait se concocter
son propre mélange d'aromates... Cette utilisation de l'encens
est pratique. |