Procrastiner a tout de même quelques vertus

On ne compte plus le nombre d'articles qui nous promettent de nous sauver de ce terrible mal : la procrastination. Toujours remettre au lendemain ce que l'on pourrait faire aujourd'hui peut être quelque peu agaçant, il est vrai. Mais procrastiner a également de nombreuses vertus insoupçonnées. Bon pour le corps et pour l'esprit, cette attitude est aussi un véritable acte de résistance.

Procrastiner a tout de même quelques vertus

Chaque soir, vous vous promettez d'être plus sérieux, plus efficace, moins éparpillé le lendemain ou la semaine suivante. Car sur votre to-do list bien des tâches n'ont pas encore été rayées comme vous le souhaitiez.

Mais pas question de culpabiliser pour autant. Car en plus d'être un petit défaut très humain, procrastiner a aussi de nombreux bienfaits.


C'est bon pour la créativité et pour le corps

C'est Adam Grant, professeur de psychologie, qui le dit. Procrastiner serait excellent pour la créativité. Il confiait ainsi au journal The New York Times avoir réalisé une petite expérience avec ses élèves le démontrant. Ceux qui avaient pu jouer à des jeux d'ordinateur avant de se voir imposer un exercice plus sérieux proposaient des idées bien plus originales que les autres. Le professeur estimait ainsi que celles-ci étaient 28 % plus créatives que les idées de ceux s'étant immédiatement attelés à la tâche.

Un petit moment de récréation avant de s'adonner à des activités plus compliquées pourrait ainsi booster la créativité. S'éparpiller quelques minutes en plein milieu d'un projet permet aussi de revenir avec un regard plus neuf et des idées plus fraîches sur son travail.

Comment enfin ne pas souligner que repousser un peu le moment où l'on se met au travail est bon pour le corps. Voilà des moments de relâche et de respiration qui permettent à la fois d'économiser un peu son énergie et d'évacuer les tensions. Hautement nécessaire dans un monde parfois très exigeant.

Procrastiner oblige à faire des choix

Nous avons quelquefois les yeux plus gros que le ventre et imaginons que, tels des robots, nous pouvons faire tout ce que nous voulons sans jamais nous arrêter. En nous faisant perdre du temps, en limitant la durée qu'il nous reste pour accomplir nos tâches, procrastiner nous oblige alors à faire des choix.

Certaines choses devront être repoussées à plus tard. D'autres totalement oubliées. Et d'autres encore partiellement accomplies seulement. Voilà qui nous oblige à revoir nos priorités et nous aide à concentrer notre énergie sur ce qui compte vraiment.

Une façon d'apprendre à hiérarchiser nos devoirs et leur importance. Indispensable pour ne pas se laisser submerger par un quotidien où les tâches semblent se démultiplier à l'infini. Notre procrastination nous protégerait alors, quelque part, d'une sorte d'épuisement.

Repousser les tâches : un acte de résistance

Finalement, procrastiner a donc quelques vertus, aussi bien pour notre créativité que pour notre corps. Mais il n'est pas toujours facile de l'assumer. Cette attitude pourrait pourtant être revendiquée avec fierté. Car elle est aussi une forme de résistance contre une société productiviste qui exige toujours plus. En témoigne l'épidémie galopante de burn-out.

Afficher fièrement cette tendance à remettre au lendemain ce que l'on pourrait faire aujourd'hui, c'est aussi revendiquer un certain art de vivre. Plus lent, plus libéré, moins dans la maîtrise et plus dans le laisser aller. La procrastination est un défaut très humain. Et il n'est pas question d'en avoir honte ou de se culpabiliser, à condition, bien sûr, de ne pas en être la première victime.

Car si cette difficulté à gérer son quotidien est vécue comme une souffrance, il peut alors être intéressant, dans ce cas, de mettre en place des stratégies afin de moins s'éparpiller, mieux se concentrer et mieux s'organiser. Voilà qui, là aussi, devrait produire quelques effets bénéfiques.

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