Les phubbers agacent tout le monde

Ils sont les yeux rivés sur leur téléphone, ils ne vous voient plus, ne vous écoutent plus. Cette manie a un nom : le phubbing. Et avec le temps, ça commence vraiment à devenir agaçant.

Les phubbers agacent tout le monde

Le nom vous est peut-être encore inconnu, pourtant, il y a probablement des phubbers dans votre entourage. Mais si, vous savez bien, ces gens qui vous interrompent ou vous ignorent pour regarder leurs SMS.

Ces individus, de plus en plus nombreux, font preuve de "phubbing", contraction anglo-saxonne des mots "phone" et "snubbing", que l'on pourrait traduire par "télé-snober". L'expression, inventée par un jeune Australien, traduit bien l'agacement que ressentent ceux qui en sont victimes.

Ils sont partout !

L'explosion des smartphones, la croissance des réseaux sociaux et la connexion permanente à internet ont fait émerger cette pratique. Il est tellement facile aujourd'hui d'être connecté avec le monde entier qu'on en oublie ceux qui sont tout près de nous. Résultat, pas un dîner, pas une réunion, pas un rencard amoureux où votre interlocuteur ne sorte soudainement son téléphone, comme happé par un mystérieux chant des sirènes. Et là, le constat est clair : vous n'existez plus.

Le phubber a toujours une raison

Et le pire, c'est que si vous faites remarquer à cette indélicate personne que "youhou, vous aussi vous êtes là", celle-ci aura toujours l'impudence de justifier son comportement anti-social : "Non mais là c'est juste que j'attends un message important de ma belle-sœur", ou encore "Si, si, je t'écoute, je regarde rapidement un truc sur Facebook"... J'en passe et des meilleurs. Le phubber a toujours une bonne excuse pour vous mettre un vent force 8. Et c'est encore plus pénible.

De la petite manie à la grande impolitesse

Alors, bien sûr, on a tous nos petits défauts et après tout, si on aime nos amis et notre famille, c'est aussi pour leur travers. Peut-être même faisons-nous également un peu de phubbing de temps en temps. Mais quand ça devient récurrent, voire permanent, la petite manie commence sérieusement à ressembler à une franche impolitesse. Que les phubbers en prennent conscience : garder les yeux rivés sur son smartphone au cours d'un repas ou d'une réunion relève de la grossièreté, voire de l'irrespect total. Et vlan.

Quand un défaut cache une maladie

D'autant qu'à terme, se couper de son entourage au profit de son téléphone (ou de son ordinateur, de sa console de jeu, de son pétard, de sa bouteille...) relève ni plus ni moins que de l'addiction. Sans parler des nomophobes, ceux qui éprouvent une peur panique à l'idée d'être séparé de leur téléphone pendant quelques minutes. Tous ces troubles méritent que l'on se penche dessus pour travailler avec un spécialiste afin de retrouver un comportement en adéquation avec le monde réel et ceux qui nous entourent.

Quelques pistes pour une résolution amiable

Face aux phubbers, la première réaction est de râler. Mais comme indiqué plus haut, ils ont réponse à tout. L'autre solution consiste à faire pareil : sortir son téléphone d'un air désabusé (pfff, moi aussi j'ai des amis sur Twitter) et continuer à regarder son écran, même quand l'autre a reposé son appareil. Mauvaise pioche. La technique du miroir ne fera que conforter le phubber que son attitude est normale, même s'il est lui-même agacé par votre absence momentanée.

La seule véritable solution (comme souvent dans les rapports humains) est de dialoguer. Expliquez calmement ce que vous ressentez, ce petit sentiment d'exclusion qui vous ronge. Faites une demande claire : "Peux-tu ranger ton téléphone le temps qu'on discute ?", voire légèrement menaçante : "Si tu regardes encore cet écran, je sors du resto". Attention, brusquer un phubber peut l'amener à couper court à toute relation, pour mieux profiter de ce qui l'intéresse le plus : son portable. Il ne vous restera alors qu'une seule option : lui envoyer un SMS.

Publié le 04/05/2016, par Guillaume

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