La vidéo-projection a-t-elle encore de l'avenir ?

Nos télévisions sont de plus en plus grandes et délivrent des images toujours plus précises. Un exploit qui les fait cependant marcher allègrement sur les plates-bandes jusqu'ici bien protégées des vidéoprojecteurs. Les jours de la vidéo-projection seraient-ils comptés ?

La vidéo-projection a-t-elle encore de l'avenir ?Photo: gsloan

Vous n'êtes sûrement pas passé à côté du hype du moment, coté audiovisuel, avec le raz de marée de TV FHD, incurvées et 4K qui se pressent pour entrer dans nos salons. Rivalisant aussi bien en définition d'image qu'en grandeur de diagonale, la folie des grandeurs des télévisions actuelles les font lorgner du côté de la chasse gardée des vidéo projecteurs : les cinéphiles purs et durs.

Désormais, pour plusieurs centaines d'euros, vous pouvez vous offrir un magnifique écran incurvé qui fera tout aussi bien l'affaire, sinon plus. Dès lors, la question se pose sur l'avenir de la vidéo-projection.

Le vidéoprojecteur, pour l'amour du cinéma

A une certaine époque, pas si lointaine que ça, le vidéoprojecteur était le chouchou des fans de cinéma. Il offrait tout ce que l'on était en droit d'attendre d'une installation Home Cinéma performante à un coût maîtrisé : un écran de 3 mètres dans son salon, une image projetée (qui sera toujours mieux qu'un écran pour un puriste), une qualité d'image déjà très satisfaisante (surtout pour le prix), sans oublier l'ambiance très "salle de cinéma" qu'apporte l'utilisation de l'ensemble (rideaux tirés et lumière éteinte, très intimiste !).

A cette époque également, vers le début des années 2010, les diagonales des écrans n'étaient pas encore aussi décomplexées que maintenant. Les TV de 50 pouces étaient rares et leurs prix faisaient vite fuir les aficionados. Mais, évolution technique perpétuelle exige, cela ne va évidemment pas durer et l'histoire nous dira que les télévisions auront vite fait de rattraper leur retard.

L'évolution forcée de la vidéo-projection

Désormais, les télévisons UHD et 4K sont là, les prix ont drastiquement chuté et les diagonales des téléviseurs ont augmenté. Il est désormais commun de rencontrer du 50 pouces sur le marché et les télés UHD de 65 pouces (plus d'1m30 de diagonale) se négocient dès 1200 euros. Les vidéoprojecteurs prennent donc un sacré coup de vieux et se font malmener par l'entrée de gamme des télévisions de salon. Il ne leur reste plus qu'à évoluer.

La première évolution a été vers la HD, puis la FHD et enfin vers la 4K. Car tout comme la TV, le vidéoprojecteur a suivi le mouvement et propose désormais une meilleure qualité d'image. Le hic, c'est qu'un vidéoprojecteur 4K n'égalera jamais une TV 4K (la faute à la technologie employée : MTF vs Oled). Ensuite, énorme hic, le prix du premier est quasiment le double du second : comptez au moins 3 000 euros pour un vidéoprojecteur 4K !

La deuxième évolution a été l'amélioration de la technologie avec une pixellisation et un crosstalk (vous savez, ces "fantômes" que laissent un personnage quand il bouge à l'écran) désormais inexistants. A noter que même les TV souffrent de crosstalk, mais il y a bien longtemps que le souci a été réglé avec les modèles récents.

Enfin, parmi les évolutions notables, il y a la réduction de la focale : sur les modèles à focale réduite, il n'est plus nécessaire de poser l'appareil à 3 mètres de l'écran pour avoir une image nette, 30 cm peuvent désormais suffire.

Un avenir clairement menacé

Nous n'irons pas par quatre chemins, l'évolution technique des vidéoprojecteurs a été clairement insuffisante pour rivaliser avec la déferlante de TV UHD incurvées qui viennent d'arriver. Et bien qu'un vidéoprojecteur soit la seule réelle solution à portée du particulier s'il veut avoir un écran de grande et belle taille dans son salon, il faut reconnaître que son achat n'est plus justifié dès lors qu'on lorgne du côté des téléviseurs, ne serait-ce que pour la qualité des images qu'ils proposent actuellement.

A cela s'ajoute le fait incompréhensible que la très grande majorité des vidéoprojecteurs utilisent encore aujourd'hui des lampes à durée de vie limitée (!). Enfin, notons que l'installation d'une télévision dans le salon est nettement plus aisée que celui d'un vidéoprojecteur qui nécessite moult calibrages et mises au point afin d'obtenir une image optimale, sans oublier la surface de projection qui doit être adaptée.

Cela étant, le vidéoprojecteur garde pour lui ses deux gros points forts : son faible encombrement et sa mobilité. Vous pouvez ainsi profiter d'un grand écran où que vous décidez d'aller mais bon, ce n'est pas vraiment la définition que l'on se fait d'un Home Cinéma.

Pour conclure, disons que le vidéoprojecteur est certes en grande difficulté, mais pas totalement sans avenir. Si la taille de l'écran est pour vous plus importante que la qualité de l'image, vous pouvez tout à fait vous tourner vers les modèles FHD qui sont nettement plus abordables que les 4K (dans les 600 euros). Ils sauront vous donner entière satisfaction, du moment que vous n'êtes pas trop tatillon.

N'oublions également pas que tout le monde ne fait pas dans le Home Cinéma et que le vidéoprojecteur, de par sa mobilité, offre tout un monde de perspective dans des secteurs d'activités variés : présentation professionnelle, jeux vidéo (attention à l'input lag tout de même), enseignement (le vidéoprojecteur interactif, c'est l'avenir !), etc.

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Publié le 28/01/2016, par Maurice Demeyer

"J'aime l'interaction qui se crée entre l'homme et la machine. Mais les objets connectés qui ont investi notre quotidien me laissent cois devant l'immensité de la tâche à accomplir."